Vendredi Lecture #60 – Once Upon a Dream de Charles Solomon

Hello chers lecteurs ! J’ai enfin avancé sur ma (très)(trop) grosse PAL, et du coup j’ai pris du retard sur mes #VendrediLecture ! L’ouvrage du jour est un beau livre Disney dans la lignée des « Art of ». Il s’agit de Once Upon a Dream: From Perrault’s Sleeping Beauty to Disney’s Maleficent, de Charles Solomon – le seul, l’unique. Paru en 2014 aux Editions Disney, il couvre aussi bien le grand classique La Belle au Bois Dormant que le film live action Maléfique sorti cette année-là. Etant fan de ce genre de livres et particulièrement ceux de Solomon, il était inévitable qu’il rejoigne ma collection, et je vous le présente aujourd’hui !

– ✨ Once Upon a Dream:
From Perrault’s Sleeping Beauty to Disney’s Maleficent ✨

Résumé traduit de l’éditeur

Avec pour thèmes une belle princesse, un prince vaillant et l’amour qui triomphe sur la sorcellerie, « La Belle au Bois Dormant » demeure l’un des contes de fées les plus appréciés. L’histoire a été publiée pour la première fois par Charles Perrault en 1697. La vision de Perrault d’une princesse enchantée, sans âge, qui dort dans sa tour entourée de ronces fascine les lecteurs et les artistes depuis plus de 300 ans, trois fois plus de temps que la sieste de l’héroïne. Ce livre aux nombreuses illustrations retrace l’histoire de cette fascination, qui se manifeste dans la littérature, les beaux arts, la poésie, la musique et le cinéma.

La version cinématographique la plus célébrée de La Belle au Bois Dormant est celle de Walt Disney, un glorieux final à la série d’adaptations animées de contes de fées qu’il a commencée en 1937 avec Blanche Neige et les Sept Nains. Si Briar Rose/Aurore est la plus belle et mieux animée des princesses Disney, le film est dominé par Maléfique : la vieille fée de Perrault est devenue l’incarnation ultime de la somptueuse mais terrible sorcière de littérature fantastique.

L’ouvrage conclue sur le développement et la création de Maléfique, avec entre autres des interviews d’Angelina Jolie, Imelda Staunton, Linda Woolverton, Sean Bailey, Joe Roth, Don Hahn, et le réalisateur Robert Stromberg (directeur artistique primé aux Oscars d’Avatar et Alice in Wonderland); des détails des coulisses et de la photographie, des costumes, accessoires, maquillage, et autres aspects de la magie des films !

– Présentation & mon avis –

Pour bien commencer, l’ouvrage débute sur une introduction de Don Hahn qui évoque l’éternel recommencement autour des adaptations des contes classiques : « It’s as though each generation has taken responsibility to retell this story in a way that is most relevant to the people of that era. » (p.7).

La première partie de l’ouvrage, et ma favorite, est consacrée à La Belle au Bois Dormant. Solomon revient sur les origines du conte, publié pour la première fois par Perrault au XVIIème siècle dans Histoires ou contes du temps passé. Il présente également les différentes interprétations imaginées par les artistes à travers les siècles, comme Gustave Doré, Maxfield Parrish, Edward Burne-Jones, Arthur Rackham ou encore Edmund Dulac. Comme Cendrillon, La Belle au Bois Dormant ne s’est pas cantonnée au papier et a connu des adaptations au théâtre, à l’opéra et bien sûr sous forme de ballet. Le plus connu est celui créé par Petipa et Vsevolozhsky, et mis en musique par Tchaikovsky, qui verra sa première en 1890 au Théâtre Marinsky de Saint-Pétersbourg (en Russie).

Le deuxième chapitre, « Hail to the Princess Aurora » (référence au chant du film), saute quelques décennies et démarre avec les débuts de la production du film de Walt Disney. On apprend que Walt, très occupé mais passionné par ce projet, confie la direction artistique à Eyvind Earle. Il s’inspire notamment de Dürer, Bruegel, Van Eyck et des Très riches heures du duc de Berry pour créer le « look » général du film. Mais comme on l’a vu, La Belle au Bois Dormant est très aussi étroitement lié à la musique iconique de Tchaikovsky. Elle est donc reprise et retravaillée pour le film. Comme c’était encore la coutume aux Studios Disney à l’époque, les animateurs basent leurs dessins sur des séquences live action tournées sur place afin de les guider dans les poses, les expressions et les mouvements à transcrire. La partie la plus intéressante est la section dédiée à la création des personnages. Qu’il s’agisse d’Aurore, du Prince Phillip, de Maléfique ou des trois fées, chacun des personnages devait être repensé avec une personnalité bien à lui. Certains, comme Maléfique, ont présenté un challenge plus important : comment animer un personnage qui ne fait pas grand chose, si ce n’est des discours ? Néanmoins, l’équipe du film s’en est plus que bien sorti, et des scènes mythiques comme celle de la transformation en dragon continuent d’inspirer et captiver les animateurs d’aujourd’hui. Andreas Deja, par exemple, avoue volontiers s’être inspiré de Maléfique pour son travail sur Jafar dans Aladdin !

Sous un angle plus « coulisses », Charles Solomon dévoile le fonctionnement de deux écoles officieuses au sein des studios : Davis & Kahl VS Johnston & Thomas, les deux avec leurs spécialités et caractéristiques propres, qui ont permis d’aboutir au chef d’oeuvre qu’on connait. On découvre aussi l’importance du travail de « clean-up » colossal effectué sur ce projet par les nombreux artistes des studios, souvent moins mis en avant. Malgré tout cela, il s’avère que La Belle au Bois Dormant a reçu un accueil très mitigé à sa sortie. Trop similaire à Blanche-Neige et les Sept Nains aux yeux du public, il a gagné en popularité au fil des années, notamment grâce à la franchise des Princesses Disney. Enfin, Solomon clot le chapitre sur un des symboles les plus connus associés au film : le château de la Belle au Bois Dormant à Disneyland (Californie). Il décrit l’importance du bâtiment et de la galerie walk-through à l’intérieur qui a beaucoup été malmenée et changée avant de retrouver sa forme d’antan en 2008. Pour l’avoir visitée deux fois, j’ai trouvé cet galerie très sympathique, bien qu’elle n’arrive pas à la cheville des magnifiques vitraux de son pendant parisien selon moi.

La troisième partie, dédiée au film Maléfique, m’a beaucoup moins intéressée pour être honnête, car je n’ai pas aimé le film. J’ai néanmoins apprécié les détails concernant l’approche de l’équipe dans l’écriture de cette adaptation. Solomon y revient sur les prémices du projet, l’intérêt immédiat d’Angelina Jolie et l’implication du réalisateur Tim Burton au début. Il explique la démarche de Linda Woolverton dans l’écriture d’un scénario qui invente une backstory émouvante à l’héroïne, Maléfique. Au delà du travail sur le casting, on découvre une réflexion sur tous les changements par rapport au classique : la direction artistique, la proportion de CGI, l’univers des fées, les relations entre les personnages, et même les costumes iconiques – pas de « make it pink, make it blue » !

En bref, c’est un bel ouvrage, très complet et bien illustré comme Charles Solomon sait les faire. Que vous soyez un.e inconditionnel.le de La Belle au Bois Dormant ou pas, c’est une plongée intéressante dans le monde de l’animation et l’un des derniers films auxquels a participé Walt Disney. Si, forcément, la partie sur Maléfique m’a moins plu, je reste très satisfaite de ma lecture et recommande 🙂

Et vous, vous avez un « Art of » de contes de fées préféré ?

2 commentaires sur “Vendredi Lecture #60 – Once Upon a Dream de Charles Solomon

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