Vendredi Lecture #62 – The Art of Pocahontas de Stephen Rebello

Aloha ! Je continue de faire descendre ma PAL (on va passer sous silence les livres qui sont en route hein 😁 ) et cette semaine je vous présente le très grand Art of Pocahontas ! The Art of Pocahontas, publié en 1995 à l’occasion de la sortie du film d’animation, a été écrit par Stephen Rebello, à qui l’on doit aussi l’excellent Art of the Hunchback of Notre-Dame. C’est parti !

– ✨ The Art of Pocahontas ✨

Résumé traduit de l’éditeur

Ce magnifique compagnon au film d’animation Disney célèbre et chronique la création du film, avec des concepts arts et visuels de pré-production, des storyboards, une analyse en profondeur du design et finitions du personnage de Pocahontas, des décors, et l’histoire de la merveilleuse bande originale de Stephen Schwartz. Plus de 200 illustrations en couleur et noir et blanc.

– Présentation & mon avis –

L’ouvrage débute avec une brève introduction qui revient sur la genèse du projet, et les premières idées de Mike Gabriel pour ce qui allait devenir le 33ème long-métrage d’animation des studios Disney. Tout le premier chapitre est consacré à la pré-production et aux concept arts. Une fois décidé que le film transmettrait en avant un message de tolérance, l’équipe s’est construite assez rapidement : Alan Menken et Stephen Schwarz à la musique, l’éternel Michael Giaimo à la direction artistique, Glen Keane (entre autres) à l’animation, etc. Au gré de nombreux concepts pour les personnages, on découvre les idées originales de Joe Grant et les balbutiements de l’histoire. Par exemple, à l’origine, Grand-Mère Feuillage était une vieille souche ! L’équipe du film s’est parallèlement fixé des challenges : réimaginer la Virginie pour en faire un décor réaliste mais magique, et personnifier la nature pour en faire un personnage à part entière. Dans ce but, Rebello relate que la team a fait le déplacement sur place et rencontré les descendants des Powhatan. C’est à ce moment-là que la dimension écologique et préservation de l’environnement a pris de l’ampleur.

Le deuxième chapitre porte le nom de « Story », car il s’intéresse plus précisément à l’histoire du film. On y apprend que c‘est véritablement la musique composée par Alan Menken et Stephen Schwartz qui a porté la narration ! En quelques heures seulement, la première chanson « Colors of the Wind » était née et allait donner le ton. Comment dramatiser les événements et en même temps maintenir un équilibre entre l’histoire, les mythes et les légendes ? Tout en étant accessible au public de Disney ? Rebello révèle la réflexion qui a eu lieu derrière chacune des chansons du film, le tout agrémenté de storyboards.

La troisième partie revient sur le développement des personnages et l’animation. Comme toujours, les éléments de base sont le design et la personnalité des personnages. L’auteur explique pour chacun les éléments qui sont intervenus dans leur création. Il fait un focus particulier sur leurs costumes, très importants. On y apprend que Jean Gilmore a fait beaucoup de recherches sur les matériaux, coupes, règles etc. de l’habillement en 1607, qu’il s’agisse des Natifs Américains ( de Virginie vs. Natifs Américains des Plaines par exemple) ou des Anglais. Quelles tenues pour quelles occasions ? Comment étaient-elles portées ? Des questions essentielles si l’on veut rendre les personnages crédibles et respecter la culture mise en lumière

Le chapitre 4, « Layouts and backgrounds », se concentre sur les magnifiques décors de Pocahontas. Stephen Rebello met en avant le côté mythique que l’on retrouve dans le design de la nature, ainsi que le travail de la lumière (un thème qui est par ailleurs très présent dans son ouvrage sur le film Le Bossu de Notre-Dame). Il revient également sur la construction des différents décors, dont le choix des couleurs et les palettes utilisées par les artistes.

La partie 5 « Effects » est comme le titre l’indique dédiée aux effets visuels. Don Paul (Aladdin, La Petite Sirène) a supervisé cette section d’animation aux côtés de Jeff Dutton, et Rebello décortique le travail titanesque réalisé pour les effets des éléments (l’eau, le feu, le vent…), extrêmement importants dans l’univers de Pocahontas.

Enfin, le dernier chapitre « Color » termine l’ouvrage sur un thème qui est omniprésent tout du long. Ce chapitre, très visuel, contient beaucoup plus d’images que de texte. Stephen Rebello l’a centré sur la chanson « Colors of the Wind« , et je pense que cet extrait (citation de Peter Schneider, p.190) résume assez bien l’importance de ce morceau dans la création du film : « The song has been with the project forever and has dictated a lot of what we did on the film just because it is so great. The movie was almost built around the song. »

Dans la forme, c’est un bel ouvrage avec des visuels de qualité très bien mis en valeur. Dans le fond, je dois avouer être un peu déçue. Grande habituée des ouvrages de Charles Solomon, je m’attendais, peut-être à tort, à un niveau de qualité similaire. Le contenu m’a semblé un peu léger, et le ratio texte/images très déséquilibré. J’avais tellement aimé le Art of the Hunchback of Notre-Dame du même auteur, que j’ai acheté celui-ci les yeux fermés. Mais si je dois être honnête, je crois que ce qui me dérange, c’est ce qui transparaît de la création du film. Là où des classiques comme Cendrillon ou plus récemment Frozen ont montré un travail de recherche substantiel et une quête acharnée de créativité et d’originalité, je suis un peu refroidie par l’histoire banale de la production de Pocahontas. La construction du film autour de la musique écrite par Menken et Schwartz souligne le talent de ces derniers mais donne paradoxalement un goût de paresse au film. Sans véritable plan, on comprend que tout a été fait pour coller à des chansons écrites très tôt dans le process, plutôt que l’inverse. J’ai un peu de mal à mettre des mots sur ce sentiment, mais c’est peut être la première fois qu’un Art of me fait moins apprécier un film…

Et vous, est-ce que les « Art of » ont changé votre perception de certains films, en bien ou en moins bien ? ✨

6 commentaires sur “Vendredi Lecture #62 – The Art of Pocahontas de Stephen Rebello

  1. Ça ne m’est jamais arrivé de ressentir de la déception sur un long métrage à cause d’un livre et j’espère que ça ne m’arrivera pas… C’est si dommage ! Je te remercie pour cet article en tout cas car ce livre me faisait très envie mais j’hésite à présent à me l’offrir… Affaire à suivre !

    J’aime

  2. Bon, Pocahontas ne fait pas partie de mon top 10 donc je ne pense pas que je serai déçue. Ce que je préfère dans ce long métrage c’est justement la musique (parce que #coeurcoeurpapillon sur Alan Menken et Stephen Schwarz) mais je ne savais pas du tout qu’elle avait été créée en amont!

    Aimé par 1 personne

  3. Oooooh ce livre est tout en haut de ma wishlist (beaucoup trop longue, soit dit en passant), je vais peut-être revoir un peu mes attentes à la baisse dans le doute ^^’
    C’est trop dommage que ça te fasse moins apprécier le film, j’espère que ça ne m’arrivera pas 😮 (et que ça ne t’arrivera pas avec d’autres bouquins, c’est quand même assez contreproductif XD)

    Aimé par 1 personne

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