Vendredi Lecture #70 – Disney During WWII de John Baxter

Le #VendrediLecture de la semaine touche à deux de mes passions : Disney et la Seconde guerre mondiale. Il s’agit du livre Disney During WWII, écrit par le journaliste et écrivain australien John Baxter. Publié en 2014 par les éditions Disney, ce beau livre très complet s’intéresse de près à l’implication de Walt Disney et le rôle de ses studios dans la guerre, ou du moins leur impact à différents niveaux. A ma connaissance, ce volume n’a pas été traduit en français – ce qui est bien dommage – aussi je l’ai lu en anglais. Allez hop, un petit thé et c’est parti pour ma review !

– 💥 Disney During WWII : How the Walt Disney Studio Contributed to Victory in the War 💥

Résumé traduit par mes soins de celui de l’éditeur.

Disney During World War II  couvre un grand nombre de documents créés par les studios Disney pendant la guerre, incluant des films éducatifs et d’entraînement novateurs pour les secteurs militaires et industriels, des films et courts-métrages de propagande et sur le thème de la guerre, des affiches et les incroyables insignes militaires offerts aux différentes unités pour leur remonter le morale et leur rappeler la maison. Ce livre montre clairement à quel point Walt était investi dans cette cause en mettant son studio à la disposition de l’Oncle Sam, par patriotisme. Débordant de visuels d’époque, Disney During World War II met en avant les sacrifices méconnus de Walt Disney dans la poursuite de la victoire des Alliés, en révélant les rouages de ce gigantesque studio de divertissement familial, transformé presque du jour au lendemain en usine de guerre où même les personnages les plus mythiques ont été réinventés comme des guerriers et fiers et patriotes citoyens américains.

– 💥 Mon avis 💥 –

Avant de rentrer dans le détail, John Baxter commence par rappeler dans l’introduction que Walt Disney a mis à contribution ses studios, situés dans de nouveaux locaux à Burbank, de son plein gré et sans aucune rétribution de l’Etat américain, à son insistance. Même dans le rouge, Walt refuse de tirer un quelconque profit de la guerre, ce qui semble compréhensible compte-tenu de son implication dans la Première Guerre mondiale, mais reste tout à son honneur !

Le premier chapitre est consacré aux « Training Films« . Plus de 170 films éducatifs et d’entrainement ont été produits pour l’armée et le gouvernement américains entre 1941 et 1945. En mars 1941, la « Disney Defense Film Division » est formée et propose des films instructifs qui pourraient fonctionner là où les documentaires plus classiques échouent. Parmi ces films, on trouve le célèbre Stop That Tank (1941) qui fait explique le fonctionnement des armes anti-tanks. Le 8 décembre 1941, le lendemain de la funeste attaque de Pearl Harbor, le gouvernement américain commande 20 films consacrés à l’identification des avions : ce sont les « WEFT series » (Wings, Engines, Fuselage & Tail). D’autres films plus longs sont également produits pour la marine sur des sujets comme la météo, la navigation, etc. John Baxter couvre la diversité des nombreux métrages réalisés dans un but éducatif afin de mieux former les soldats.

Le chapitre 2, probablement mon favori, est dédié aux films de propagande. C’est un sujet un peu particulier, car le terme de propagande a une image très négative, là où il ne s’agit pas nécessairement de mauvaises intentions. Dans cette partie, Baxter commence par les films produits pour d’autres régions : le Canada et l’Amérique du Sud. Plusieurs films mettent en avant Donald afin de motiver les citoyens canadiens à investir leurs économies dans des obligations de guerre (war bonds). Parallèlement, si les thèmes des films Les Trois Caballeros et Saludos Amigos ne sont pas ouvertement centrés sur le conflit, ils ont bien un objectif de propagande à la base car leur objectif était avant tout de tenter de renforcer les liens des Etats-Unis avec les pays neutres d’Amérique du Sud. L’auteur s’intéresse ensuite aux films destinés aux citoyens américains avec des objectifs variés. En effet, il évoque bien sûr les fameux films commandés à Walt au lendemain de la tragédie de Pearl Harbor, mais également des courts-métrages mettant en avant l’agriculture américaine et ses généreux exports de nourriture (Food will win the war and write the peace), l’importance de payer ses impôts en temps et en heure pour financier les munitions (The New Spirit), ou encore des caricatures du totalitarisme nazi (Der Fuehrer’s Face). L’un des films de propagande les plus connus – et les plus détaillés ici – est bien sûr Victory through Air Power. C’est un long métrage couteux basé sur un livre écrit par Seversky, avec des théories sur la stratégie à adopter pour gagner la guerre. Walt Disney avait beaucoup apprécié cet ouvrage et croyait dur comme fer en son message : « Walt believed that Victory through Air Power would help win the war, and that he was ultimately proven wrong in no way detracts from his patriotic intentions in making the film » (p.95).

Le troisième chapitre du livre est consacré à un autre type de films, les « entertainment shorts« , c’est à dire des petits dessins animés plus axés sur le divertissement mais toujours ancrés dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale. Baxter évoque la difficulté de garder les personnages Disney cohérents avec les thèmes de la guerre. Dans Donald get drafted, Donald s’engage dans l’armée. Dans The Army Mascot, c’est Pluto qui devient la mascotte d’une unité. Donald se retrouve d’ailleurs très souvent sur le devant de la scène (The Vanishing Private, Sky Trooper etc.) car le public se reconnaît en lui. L’auteur détaille dans cette section les films les plus connus et leurs enjeux.

Le chapitre 4 s’écarte de l’écran pour revenir sur un aspect plus méconnu de l’implication de Walt dans le quotidien des soldats : les insignes militaires. Baxter explique qu’un département entier a été mis à contribution par Walt Disney pour créer, sur simple demande et gratuitement, des insignes pour les unités qui le souhaitaient. C’est plus de 1300 insignes qui ont été imaginés par les artistes du studio, sous la houlette de Hank Porter et Roy Williams, la plupart mettant à l’honneur ce cher Donald (plus de 140 modèles !).

Enfin, le dernier chapitre est dédié aux Gremlins. Absolument aucun rapport avec le film de Joe Dante, je vous l’annonce tout de suite. Les Gremlins sont des petites créatures, comme des elfes saboteurs d’avions, imaginées par les pilotes de la Royal Air Force pour justifier les dysfonctionnements de leurs appareils et parfois leur mauvais entretien. Roald Dahl, le célèbre auteur de littérature jeunesse, était à l’époque un jeune pilote à l’imagination débordante et a écrit une histoire autour de ces Gremlins – une histoire qui a capté l’attention de Disney. John Baxter détaille toute la genèse du projet (malheureusement non abouti), depuis la création de la « légende » à leurs nombreuses incarnations et représentations.

Si je dois résumer, c’est un très bon livre. John Baxter couvre beaucoup de terrain sans tomber dans l’énumération et c’est avec grand intérêt que j’ai pu découvrir toute l’étendue des projets menés par Disney pour soutenir l’effort de guerre. J’ai appris beaucoup de choses, comme par exemple l’origine de l’utilisation de la 5ème symphonie de Beethoven dans de nombreux films de propagande : le thème « cour court court looooong » est l’équivalent musical de la lettre V en morse ( •••‒), soit le « V de la Victoire ». Cet ouvrage m’a également donné envie de me plonger dans tous ces films, dont la plupart sont disponibles sur Youtube, et que j’ai pu rassembler pour vous dans une petite playlist ici ! En bref, un super bouquin que je recommande aux passionnés d’animation et de Seconde Guerre mondiale, sans hésitation.

Est-ce que vous l’avez lu ? Vous en avez pensé quoi ? 🤓

5 commentaires sur “Vendredi Lecture #70 – Disney During WWII de John Baxter

  1. Je ne connaissais pas ce livre mais il a l’air très très intéressant ! Merci pour la découverte, j’ai un peu peur du niveau d’anglais pour cet ouvrage mais je l’ajoute néanmoins à ma liste.

    Aimé par 1 personne

    1. De rien ! Je pense qu’au-delà d’un anglais solide, il faut peut-être avoir une « aisance » avec le sujet (quelques bases sur l’entrée en guerre des USA notamment). Mais ça reste globalement plutôt abordable, surtout si tu peux regarder les films mentionnés en parallèle 🙂

      Aimé par 1 personne

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